Ne pas céder sur la gestion et le dialogue social

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Auteur :

TonusEco

Claude Weil

Rencontre avec Claude Weil, administrateur judiciaire

Dans quel cas fait-on appel à vous?

J’interviens dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire, lorsqu’une société est en état de cessation des paiements et ne peut plus payer ses dettes courantes. Dans ce cas, le chef d’entreprise est dans l’obligation légale de déposer le bilan. J’opère aussi à l’occasion d’une procédure de sauvegarde. Il s’agit d’une intervention de prévention choisie par le dirigeant lorsqu’il anticipe les difficultés de son entreprise. C’est une démarche fréquente actuellement.

Quelles sont les difficultés des entreprises aujourd’hui?

Depuis vingt ans, les entreprises de production doivent faire face à la concurrence imposée par des sociétés low cost qui ont délocalisé leur production dans des pays où la main d’oeuvre est moins chère. Or ces usines sont avec le temps devenues très performantes. C’est le cas dans les pays de l’Est de l’Europe. C’est d’autant plus difficile pour les patrons de supporter cet environnement que le droit social français rend le licenciement très difficile et complexe. Résultat, ils préfèrent ne pas embaucher. Cependant les TPE et les PME sont moins concernées par la délocalisation que les industries parce qu’elles vendent des services

A quoi sont confrontées les TPE et PME?

Il y a une réalité actuelle, c’est la sous- consommation et la surcapacité. Les consommateurs vont là où le rapport qualité – prix est le meilleur. Certes, les gens font des choix de dépense. Ainsi pour Noël, s’ils ont fait des économies sur le textile, ils n’en ont pas fait dans les plaisirs de la table. Les produits de première nécessité ne sont pas encore touchés par ces habitudes de consommation. Le problème se pose pour les TPE et les PME, quand leur chiffre d’affaires diminue. Pour assurer leur chiffre d’affaires elles baissent leurs marges au point d’arriver à des marges négatives, ce qui condamne à terme l’entreprise. De plus quand une entreprise est en difficulté, les banques demandent des garanties personnelles au dirigeant. Il engage alors son patrimoine et souvent celui de sa famille ; or, il n’a aucune visibilité sur l’avenir de son entreprise.

Ces aléas sont-ils seulement les conséquences de la crise ?

Ces difficultés sont aussi liées à des erreurs de gestion sur le plan financier, administratif et souvent sur le plan du management des hommes. Pour gérer une entreprise il faut toujours aller de l’avant et anticiper ; cela n’est pas donné à tout le monde ! Beaucoup de chefs d’entreprise s’étonnent de ne pas réussir alors qu’ils travaillent beaucoup. Un patron n’est pas forcément un besogneux. Il doit réfléchir, faire travailler ses équipes, bien négocier les prix avec ses clients et veiller aux recouvrements de ces créances.

Quels conseils donneriez-vous aux chefs d’entreprise pour gérer la crise ?

D’abord, ne prenez jamais des marchés à perte – Encore faut-il connaitre votre prix de revient ! Ensuite, adaptez vos charges fixes à votre nouveau point d’équilibre : réduisez les frais de véhicules, de téléphone… et licenciez si nécessaire. Comme dans un ménage, cherchez comment vivre moins cher. Dans toutes les entreprises des économies sont à faire. Le problème est souvent que le chef d’entreprise commence par ne plus payer ses charges, ni son expert- comptable. Or, sans comptabilité précise, le chef d’entreprise n a plus aucun contrôle de la marche de son entreprise, de plus il y a des taxations d’office de la part des administrations fiscales et sociales et le patron engage alors sa responsabilité sur le plan pénal (interdiction de gérer une entreprise) et sur le plan civil (en cas de fausse déclaration de T.V.A. le fisc peux assigner le chef d’entreprise sur ses biens propres.)

Que diriez-vous en termes de management ?

Il est nécessaire d’organiser un dialogue social avec les employés. Là encore dans les TPE et dans les PME, il arrive souvent que les salariés ignorent tout de la rentabilité d’une entreprise, du prix de revient d’un chantier. Souvent l’ouvrier ne connaît pas le cahier des charges du travail qu’il effectue. Ces erreurs d’organisation et de management n’avaient pas d’incidence il y a vingt ans. Aujourd’hui, elles sont catastrophiques. Les salariés doivent devenir partie prenante pour comprendre qu’ils ont les mêmes intérêts que leur patron. Malheureusement en France nous sommes encore souvent dans la lutte sociale.

Lorsque le chef d’entreprise croit que tout a été fait, que peut-il faire encore ?

Il doit alors consulter comme en matière médicale. Il doit chercher de l’aide et des conseils auprès de son expert- comptable ou de la cellule d’aide de la Chambre de Commerce ou auprès d’association d’aide aux PME. Beaucoup de chefs d’entreprises à la retraite proposent, pour s’occuper, d’assister les entreprises qui le souhaitent. La grande erreur est de pratiquer la politique de l’autruche. Dans la situation économique actuelle, connaitre des difficultés est normal. Il faut y faire face et prendre des mesures efficaces. Il existe enfin des procédures de conciliation et de mandat ad – hoc qui peuvent sauver l’entreprise et son dirigeant et aider à passer ce cap difficile.

 

Cet article vous est proposé par TonusEco.fr, avec le soutien d’Infotrade 2000 et du Groupe Hess
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2 commentaires

  • J’ai introduit sur deux sites d’une entreprise, le processus référent pour l’amélioration des performances (Taux de service, productivité, qualité).
    M. Fr…. P……., ici en copie, a validé ma méthode selon Hoshin.
    Après 7 missions sur ces deux sites, il s’en est suivi dès 2007 un déploiement sur les 16 sites PSA.

    Analyse du cas :
    Si votre fournisseur, malgré son plan d’action stratégique et ses 8D n’arrive pas à fiabiliser son processus, c’est que:
    _ Les 8D ne sont pas pertinents, ou que son organisation ne sait pas les mettre en oeuvre
    _ Sa direction est récalcitrante à reconsidérer ses erreurs conceptuelles
    _ Les manageurs ne sont plus au fait de la réalité du Gemba
    _ En réponse à l’envergure des déficiences, le management culpabilise et menace. Il provoque ainsi l’esquive de l’investigation des causes réelles.

    Les stratégies polémiques visent alors à étouffer les compétences et à cacher les causes réelles des dysfonctionnements.

    Le site ne peut plus sortir de son impasse sous sa propre gouverne. Les audits du client de 8 heures n’y peuvent plus rien non plus.

    Le risque et l’envergure de l’enjeu deviennent alors considérables. Bien que le fournisseur avait changé tout le management, in fine vous êtes contraints de changer de fournisseur. Pour autant, les Gembutsu refont surface car le vaccin aux 4 processus ci-dessus n’ose pas être administré.

    Pourtant des chantiers Six-sigma pilotés par un indépendant missionné par le client permettront :

    _ De ne plus menacer le pilote AC d’être licencié, ou le consultant de ne pas être payé

    _ D’accéder aux causes fondamentales et aux solutions pertinentes

    _ De créer la masse critique pour changer la culture en « Constructive confrontation »

    _ De faire échec à la superficialité

    Bien cordialement

    Joseph JUND

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